À propos

Cédric Foellmi a commencé ses études en Suisse, à l’observatoire de Genève, pendant lesquelles il a eu la chance de faire une mission d’observation à l’Observatoire de Haute Provence (OHP), lieu de la découverte de la première exoplanète, ainsi que de travailler à l’ISDC, le centre de données du satellite gamma INTEGRAL.

Il s’est ensuite envolé pour le Québec, et a obtenu son doctorat (Ph.D.) à l’Université de Montréal en 2003. Son sujet de thèse portait sur un sous-ensemble d’étoiles très massives en fin de vie et localisées dans les Nuages de Magellan, deux belles galaxies de l’hémisphère sud. Pendant sa thèse il eût ainsi la chance de passer de nombreuses nuits dans des observatoires austraux: Argentine d’abord (CASLEO), puis Afrique du Sud (SAAO) et Chili (CTIO), en plus de profiter de l’Observatoire du Mont Mégantic (OMM), dans l’Estrie, au Québec.

Il a ensuite rejoint sa compagne au Chili, pour travailler à l’European Southern Observatory (ESO), le plus grand organisme astronomique européen. Il y a passé 4 ans, accumulant une année de nuits dans « son » observatoire La Silla (ci-dessous) observant tour à tour La Lune (avec un télescope de 4 mètres quand même…), Mercure, des comètes au raz de l’horizon, des (super)novæ, des quasars lointains, des galaxies, étoiles massives, naines, rouges, bleues, mourantes ou naissantes, des débris stellaires…

La célèbre « skyline » de La Silla, tout là-haut, où l’on distingue les coupoles blanches.

Il en profita pour visiter de temps en temps le Very Large Telescope plus au nord, pour ses recherches. Mais aussi des amis à l’observatoire Las Campanas situé sur une montagne à proximité de La Silla.

Éprouvant en même temps l’exigence de la recherche de pointe dans un lieu reculé en altitude, sous un ciel nocturne époustouflant, et l’émerveillement envers ces « portes des étoiles » que sont les observatoires astronomiques, il a acquis une expérience unique et une certitude: la science astronomique, par sa proximité avec tous les publics combiné à son évident effet de dépassement de soi, de son échelle, de son quotidien, est un moyen unique de parler de soi, de nous tous et de réfléchir et nous questionner sur nos enjeux bien terrestres.

Mais à ce moyen unique il manque souvent aussi le récit de comment la science se fait, se vit, point essentiel pour permettre au public de se forger une opinion complète, incarnée. Les conférences du F52.space entendent offrir cela, précisément.

En 2006, il revient en famille en Europe, et s’établit à Grenoble, où il continue ses recherches pendant 4 ans. La dernière année, alors qu’il s’approche du scientifique qu’il cherche à devenir en explorant une voie unique, le Conseil Européen de la Recherche met fin à ses rêves de développer son projet (jugé « trop risqué », est-ce possible?…), et sort de la recherche publique.

Depuis ce temps, il a fallu comprendre, digérer, devenir, accepter, rire, pour ressortir plus fort. Cédric développe aussi de nombreux logiciels pour les astronomes du monde entier. Mais il lui manque le contact direct avec un public. Les conférences du F52.space sont sa manière de sublimer cette trajectoire en morceaux et de, qui sait, re-financer son rêve de trouver de la lumière quantique dans l’Univers ?

Sur cette pause de 30 secondes, qui permet à l’observateur attentif de déduire si nous assistons à un lever ou un coucher de Lune, je n’avais pas prévu d’allumer les phares (c’est strictement interdit). Mais le court flash résultant a donné cette belle photo.